« Après les championnats du monde, je me suis octroyé une coupure. D’une petite semaine. Durant laquelle j’ai tout de même fait quelques footings. Et quelques heures de natation… »

Julien Vanbellaiengh est une machine. De celles qui, sur une seule et même semaine, mettent un point d’honneur à enchaîner les kilomètres de natation, les longues heures sur home trainer, les sorties à pied sur piste et sur route ou, dès que la météo le permet, celles, bien plus longues, sur un vélo léger et profilé. « J’en ai besoin, confie-t-il. Depuis plus de trois ans maintenant, je n’ai jamais raté un entraînement. Et les vacances ? C’est réservé aux stages ! »

Rien ne prédisposait véritablement ce Sonégien d’origine à devenir un sportif passionné et confirmé. À 4 ans, un accident de voiture le prive de l’usage d’un œil. Et il lui faudra de longs mois pour se remettre des 19 fractures et du polytrauma dont il souffre. « Mais j’étais vivant », sourit-il. Malgré les lourdes séquelles de l’accident, ses parents l’encouragent à ne pas rester sédentaire. « On ne peut tout de même pas dire que j’étais sportif », précise le jeune homme.

Le déclic viendra quelques années plus tard lorsque, étudiant en deuxième année à l’UCL, Julien réalise qu’il s’est quelque peu laissé aller. « 95 kilos pour 1m88. J’ai décidé qu’il était temps de changer cela. » Pour perdre quelques kilos, il se met à la course à pied. « J’ai commencé par deux tours du Lac de Louvain-la-Neuve (soit 2 x 1,6 km) et ça me suffisait. Puis j’ai pu en faire trois, puis quatre, etc… » Rapidement, il décide de participer à sa première course, un 5 kilomètres qu’il parcourt en 36 minutes.

Le néo-athlète ne baisse pas les bras, multiplie les séances d’entrainement et, après une année d’efforts, se donne un nouvel objectif : « Je me suis dit qu’il fallait que je remporte une course. Pour y parvenir, je devais muscler mon entrainement mais aussi perdre 10 kilos supplémentaires. J’ai intégré un club, à Nivelles, avec un coach et un programme bien précis. Et deux ans plus tard, j’ai gagné ma première course. » Ce jour victorieux, il ne lui faudra que 19 minutes pour parcourir les 5 kilomètres. « En trois ans, j’avais donc gagné 17 minutes sur cette distance et perdu près de 20 kilos. J’avais atteint mon objectif. Mon premier objectif, du moins. »

C’est qu’au fil des mois, au fil des kilomètres, celui qui travaille aujourd’hui à la cellule juridique de la Ville d’Enghien a pris goût à ces efforts toujours plus intenses. Il enchaîne les sorties, les compétitions et les podiums. Suite à un pépin physique, Julien se met au vélo, « histoire de rester actif, glisse-t-il. Lors de ma première sortie à vélo, j’ai fait 20 kilomètres et j’étais au bout de ma vie. Je n’avais aucune réelle connaissance du milieu cycliste, mais j’ai accroché rapidement. Et je me suis mis à m’intéresser à tout ce qui concernait les Ironmen. »

Nouvelle discipline, nouveau club, nouveau coach et, évidemment, nouveaux défis : en découvrant l’univers du triathlon, Julien Vanbellaiengh se met en tête de participer un jour au prestigieux Ironman d’Hawaii. « Un rêve accessible, résume-t-il. Mais pour y parvenir, il faut d’abord gagner un Ironman dans sa catégorie d’âge. »

L’athlète passe à la vitesse supérieure et augmente son nombre d’heures d’entraînement. « De 4 ou 5 heures par semaine quand je faisais de la course, je suis alors passé à 8 ou 9. Et aujourd’hui ? J’en suis à une quinzaine d’heures par semaine, voire 25 à 30 heures lorsque je suis en stage (soit trois fois par an). »

Très tôt, le jeune homme se teste lors de compétitions : un premier triathlon-sprint en août 2020 (« 1h15 pour 500m de nage, 20km à vélo et 5 km de course »), un premier triathlon olympique (1500m de nage, 40 km de vélo, 10 km de course) quelques mois plus tard et, suite à sa deuxième compétition en format olympique, une surprenante annonce. « On m’a indiqué par email que je m’étais qualifié pour les championnats du monde d’Abu Dhabi de novembre 2022. J’ai tout d’abord cru à une blague, mais c’était bien réel. J’ai alors décidé de me concentrer sur cette distance. » Tout en peaufinant sa préparation pour le grand rendez-vous mondial, Julien Vanbellaiengh s’accorde tout de même un « petit » extra en participant au 70.3 des Sables d’Olonne en juillet dernier.

Au terme de longs mois d’entrainements et fort des résultats enregistrés lors des dernières compétitions, le triathlète rejoint la cité émiratie. Et s’y donne un objectif précis : descendre sous la barre des 2h10. « Le parcours d’Abu Dhabi, très plat, s’y prêtait bien. Ce que je craignais par contre, c’était la chaleur : en novembre, il y fait encore 30°C. » Pourtant, Julien Vanbellaiengh va parvenir à descendre sous le chrono qu’il s’était fixé en réalisant un excellent 2h08, en 15e position de sa catégorie et 3e meilleur Belge aux Emirats. Au général, sur plus de 800 participants, il termine à une très honorable 72e place.

Sans surprise, le jeune homme ne s’arrête pas là. Il intensifie les entrainements, se fixe de nouveaux défis. En 2023, ses objectifs sont nombreux : en juin, championnat d’Europe de triathlon olympique à Madrid ; en août, championnat d’Europe d’aquathlon à Menin ; en septembre, championnat du monde de triathlon olympique à Ponte Vedra ; fin octobre, 70.3 en Turquie. En plus de stages à Lanzarote et à Saint-Raphaël au printemps. « Dans un coin de ma tête, je rêve toujours d’aller à Hawaii, confie-t-il. Pour cela, il me faudra passer un nouveau cap, celui des longues distances, et réussir à courir le marathon. Mais bon, en triathlon, on atteint généralement son pic de performance entre 35 et 40 ans. J’en ai 28… »

Pour franchir ces autres paliers, Julien Vanbellaiengh met toutes les chances de son côté, en s’assurant notamment les services d’un coach mental et d’une nutritionniste. Et en multipliant les sorties sur route, sur piste ou … dans le bassin principal du Nautisport. « La piscine ouvre à 7h00 chaque jour de la semaine, c’est idéal pour moi, s’enthousiasme-t-il. Et je peux tenir mes chronos sans devoir zigzaguer entre les nageurs… »

Afin de vous présenter les athlètes exceptionnel.les qui fréquentent ses installations, de vous expliquer leurs routines, voire (qui sait?) de vous inspirer, le Nautisport vous proposera régulièrement des portraits de ces sportifs et sportives. Et pour les soutenir et les aider à atteindre leurs nombreux objectifs, le centre sportif leur offre un accès d’un an à ses infrastructures.

Durant les heures scolaires, pas d'accès piscine pour le grand public ; un couloir (minimum) est réservé aux abonné.es (longue durée et 10 séances) dans le bassin sportif.